Mon orphelinat

D’où vient l’idée de créer un orphelinat ?

Un orphelinat ne naît jamais d’un projet.
Il naît d’une blessure… et d’une promesse que l’on fait à l’enfant que l’on a été.

Pourquoi j’ai fondé un orphelinat — La vraie histoire

Ces derniers temps, je vous ai beaucoup parlé de ma vie d’adulte.
De mes combats, de mes erreurs, de mes expériences en France.
Mais aujourd’hui, j’aimerais vous ramener à l’origine de tout.
À l’endroit où mon histoire a vraiment commencé.

À la question que vous êtes nombreux à me poser :
« Pourquoi as-tu créé un orphelinat ? »
« Comment as-tu pu considérer ces enfants comme les tiens ? »
« D’où t’est venu ce courage-là ? »

Alors asseyez-vous.
On retourne à la case départ.

Tout commence avec un petit garçon qui voulait juste vivre

Je revois encore cet enfant que j’étais.
Un enfant qui ne pensait ni à l’avenir, ni à demain.
Un enfant qui cherchait ce qu’il allait manger au jour le jour,
et qui, malgré tout, savait encore sourire, jouer, courir, rêver.

Mais derrière ces rires d’enfant, il y avait une vérité que personne ne voyait :

  • la honte de la pauvreté
  • le regard des autres
  • la dépendance
  • la lutte pour survivre
  • les humiliations silencieuses
  • et surtout… l’absence totale de sécurité

Ce petit garçon-là, personne ne l’a protégé.
Alors un jour, il s’est juré quelque chose :

Si un jour je sors de cet enfer…
Je consacrerai ma vie à aider les enfants qui vivent la même chose que moi.

C’est là que l’idée est née.
Pas dans un bureau.
Pas dans un plan.
Pas dans une stratégie.
Elle est née dans la douleur.
Elle est née dans la solitude.
Elle est née dans la survie.

Le lycée : là où mon rêve a pris forme

Au collège déjà, c’était la lutte.
Au primaire, vous connaissez déjà l’histoire.
Mais c’est au lycée que j’ai compris :

Si je veux sauver un jour d’autres enfants, je dois d’abord me sauver moi-même.

Alors j’ai fait un pacte :
Passer en première.
Puis en terminale.
Puis obtenir mon bac.
Peu importe les sacrifices.

Et je l’ai fait.
J’ai eu mon Bac en fabrication mécanique.
Ce jour-là, j’ai senti une lumière.
Une fierté indescriptible.

Mes débuts : l’homme de ménage

Je n’ai pas ouvert un orphelinat le lendemain.
Non.
J’ai commencé par travailler.

Et vous savez quel a été mon premier travail ?
Homme de ménage.

Loin des titres.
Loin du futur directeur.
Loin de ce que j’allais devenir.

Mais ce travail m’a appris quelque chose que je n’oublierai jamais :

  • Le courage ne dépend pas du poste
  • La dignité ne dépend pas du salaire
  • La valeur d’un homme est dans ses actes

Et un jour… j’ai tenu ma promesse

J’ai continué mes études.
J’ai appris.
Je suis tombé.
Je me suis relevé.

Et puis l’opportunité est venue.
J’ai ouvert l’orphelinat.

Pas parce que j’avais de l’argent.
Pas parce que j’étais prêt.
Pas parce que j’avais un modèle.
Mais parce que j’avais une promesse à respecter.

Les enfants que j’ai accueillis ont été le miroir de l’enfant que j’étais.
Ils m’ont appris ce que veut dire être père.
Ils m’ont appris l’humilité, la patience, la force.
Et encore aujourd’hui, ce sont eux qui ont construit l’homme que je deviens.

Lettre à mes enfants : Ce que l’orphelinat m’a appris

Aujourd’hui, j’aimerais vous partager une autre facette de moi.
Pas l’enfant qui courait dans la terre rouge.
Pas le jeune homme qui se battait pour étudier.
Mais l’homme que je suis devenu grâce à l’orphelinat.

Beaucoup me voient comme un père sévère.
Un homme carré, direct, exigeant.
Mais cette sévérité… elle vient de quelque part.
Elle n’a jamais été un mur.
Elle a été un pilier.

À l’orphelinat, j’ai appris que la vie n’attend personne

J’étais jeune. Très jeune.
Plus jeune que certains employés, enseignants, éducateurs spécialisés.
Mais malgré mon âge, ils me respectaient.

Pas parce que j’étais fort.
Pas parce que j’étais un chef.
Pas parce que je payais.

Ils me respectaient parce que j’étais juste, cohérent,
et un exemple avant d’être un responsable.
Et surtout… j’étais sévère, oui, mais toujours avec amour.

Ce que j’ai enseigné à mes enfants là-bas

Je leur ai enseigné les valeurs qui m’ont sauvé la vie :

  • la persévérance
  • le respect
  • l’honnêteté
  • la transparence
  • la responsabilité
  • la gentillesse

Petit ou grand, tout le monde participait :
ranger, nettoyer, cuisiner, faire la lessive…
pas comme une punition,
mais comme une contribution à la maison.

Et aujourd’hui, beaucoup de ces enfants sont devenus :
réalisateurs, cadreurs, techniciens,
certains vivent à Maurice,
d’autres ont décroché de beaux métiers.

Je ne les ai pas poussés par dureté.
Je les ai poussés par amour.
Parce que je voulais qu’ils aient un avenir différent du mien.

La discipline n’était pas une prison. C’était une clé.

Le monde est difficile. Vous devez être prêts.
Vous devez savoir vous lever. Vous devez savoir avancer.

Ils y ont cru. Ils ont travaillé. Ils ont persévéré. Et la vie leur a ouvert des portes.

À mes enfants, aujourd’hui

Vous êtes grands maintenant.
Vous vivez votre vie.
Mais dans mon cœur… vous restez mes enfants.

Un jour, vous aurez peut-être vos propres enfants.
Alors regardez comment je vous ai élevés.
Pas pour copier, mais pour comprendre :

  • Les corvées ne sont pas des punitions
  • La discipline n’est pas de la dureté
  • La responsabilité est un cadeau

Apprenez à vos enfants :
à ranger leurs affaires,
à participer à la maison,
à être autonomes,
à travailler en équipe,
à être reconnaissants.

Et à vous, mes enfants que j’aime…

Même si vous êtes loin,
même si vous êtes adultes,
même si la vie vous a emmenés partout dans le monde…
Je vous aime.

Je vous aime plus que mes mots peuvent le dire.
Je vous aime avec la même force
qu’à l’époque où je surveillais vos devoirs
et vos assiettes à laver.

Et à ma petite princesse en France… Papa t’aime plus que tout au monde.

Pour visiter ou aider l’orphelinat

Si vous souhaitez visiter ou faire du bénévolat dans ce centre, prenez rendez-vous au :
+261 34 77 922 42
Le centre se trouve à Anosizato Est, Antananarivo – Madagascar.

Si vous souhaitez envoyer des dons ou parrainer un enfant,
appelez directement le centre ou envoyez-moi un message au :
+33 7 86 87 92 03